J’ai récemment dû
faire face à une dépendance dont j’ignorais même l’existence, en étant séparée
depuis plus de 5 jours de mon ami, mon complice, mon compagnon de route et
confident, j’ai nommé : mon ordinateur portable! Puisque j’avais oublié le
fil électrique de mon portable chez mes parents à Rimouski, j’ai dû patienter
de longues journées jusqu’à ce qu’ils me le renvoient par la poste régulière- j’avais
spécifié livraison express, et à payer à la réception svp, mais le message s’est
perdu en route, il faut croire.
J’avais beaucoup de
pain sur la planche, pourtant, mais cette séparation inopinée m’a rendue
complètement impotente pour plusieurs jours, je me suis retrouvée dans
l'impossibilité d’utiliser un autre outil d’écriture. C’est là que j’ai pris
toute la mesure de ma dépendance à cet instrument, un outil de travail fiable,
mais ô combien capricieux, que j’ai choisi à l’époque avec le plus grand soin!
Pourtant, les
candidats ne manquaient pas, côté remplaçants. Mon conjoint, de retour au boulot,
m’avait gracieusement offert son ordinateur de bureau durant la journée (avec
mes enfants en vacances, soit dit en passant). J’y suis bien allée pour les
urgences, mais juste à songer à y passer une heure à écrire sur le clavier
inhabituel et inconfortable, sans mon Antidote et mon Scrivener, me
désenchantait, un euphémisme oui. Je crois que je n’arriverais jamais à
travailler depuis ce poste de travail de toute façon, il est installé en partie
dos à la pièce, donc aux enfants qui s’amusent dans la salle familiale. Non
merci. Je me suis découvert de vieux réflexes très archaïques, du genre, je n’aime
pas que des gens passent derrière moi lorsque j’écris, un peu comme le tueur à gages
n’aime pas s’asseoir dos à la fenêtre, une question de survie. J’ignore comment
mon conjoint y arrive, mais moi, cette disposition m’incommode au plus haut
point, surtout lorsque les filles se chamaillent à propos d’un jouet qui
pourrait me percuter d’un moment à l’autre. Je préfère de loin la sûreté du
laptop : il me permet de m’asseoir confortablement au fond de la pièce,
bien calée dans un fauteuil rembourré, d’où je peux embrasser du regard tout
mon environnement et prévenir les méfaits de ma progéniture. Le sentiment de
contrôle pèse beaucoup dans la paix d’esprit.
J’avais aussi l’option
d’utiliser ma tablette, mais celle-ci est dépourvue de clavier bien solide et
tangible, donc déjà peu intéressante pour l’écriture. De plus, je n’arrivais
plus à me souvenir de la plupart de mes mots de passe usuels en les tapant sur
ma tablette. Ça me rappelait mes quelques années de guitare classique : à
force de pratiquer, mes doigts en sont venus à connaître les notes sur l’instrument
sans que j’aie à y réfléchir, rendant le processus fluide et mélodieux. Mais qu’on
change l’instrument, et les doigts oublient leur position tout bêtement.
J’étais misérable, ces
derniers jours, c’est difficile à expliquer. Comme si l’on m’avait amputée d’un
membre essentiel, incapable de faire quoi que ce soit. Vous imaginerez ma joie et mon soulagement à nos
retrouvailles, aujourd’hui même! Il me fallait partager ça avec vous, parce que
je me dis que je ne dois pas être la seule bibitte à souffrir de cette terrible
maladie, hein?
«Et prévenir les méfaits de ma progéniture»
RépondreSupprimerPouhahaha! Je commence à ressentir le même besoin... ;)
Dangereuse addictions que celles liées à l'informatique. J'y suis tombé aussi, alors pour me désintoxiquer mon bobologue a trouvé la solution. Je porte encore pour quelques mois un patch. Certes c'est un peu encombrant mais radical. J'ai donc en permanence un mini-portable scotché sur le bras gauche. Pour la plage ce n'est certes pas très pratique, mais on s'y fait. J'ai quand-même droit à un mail et un commentaire de blog par jour. Comme je suis auteur de polars, j'ai repris le stylo, c'est un nouvel appareil dont je vous reparlerai plus tard, mon temps de commentaire est term....
RépondreSupprimer@Pat: Ouais, ça devient inévitable à un moment, hein?
RépondreSupprimer@Jeanmi: Bienvenu ici! Un patch sous-forme de mini-portable, comment n'y ai-je pas songé avant? Quelle idée de génie! En fait je ne suis pas encore prête pour cette étape, je suis parfaitement heureuse avec ma techno, mais si un jour mon entourage m'inscrit à Informatique Anonyme, je saurai déjà quoi faire.
Cela ne pourrait pas s’appeler I.A. (Intelligence Artificiel) Cela fait trop informatique aussi.
RépondreSupprimer@Pat: Mais c'est moins gênant ainsi, justement. "Chéri, je pars pour ma réunion de I.A.", ça sonne pas trop mal.
RépondreSupprimerBonjour,
RépondreSupprimerAu moins vous savez écrire. Sous le soleil des Antilles j'ai eu plaisir à vous lire. Cela me permet d'oublier mes adictions à des mélanges à base de différentes variétés de rhum, codes, langues et langages. Finalement votr mal est assez bénin.
@Jean-Max: Bienvenu ici! Merci pour vos commentaires, vous insufflez ici un vent du sud des plus rafraîchissants. Revenez quand vous voulez.
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