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Blogue de Hélène Arsenault


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vendredi 25 septembre 2015

Bilan septembre 2015

La disparue est de retour! Depuis un bon bout de temps, j’ai été peu présente sur les blogues, moins aussi sur les médias sociaux. Qu’est-ce que j’ai fait de ce précieux temps où je ne furetais pas sur internet?

D’abord, j’ai lu, mais malheureusement cette année représente ma pire année de lecture en ce qui concerne les œuvres québécoises (j’ai totalement échoué au Grand défi de littérature québécoise)- en fait, j’ai trouvé un peu complexe de tenir les scores. Ça ne valait même pas la peine pour moi de compiler à la fin de l’année, tellement j’ai peu lu de romans québécois.

En revanche, je me suis abîmée dans Asimov. Depuis près de deux ans, je suis devenue grande fan, même si les compilations que je lis s'avèrent un peu décourageantes! Il s’agit de briques de plus de 1000 pages, sur papier vélin extramince, donc un peu intimidant! De plus, les écrits d’Asimov, bien que brillants, relèvent d’une époque pas si lointaine où le récit pouvait prendre le temps de s’installer, sans trop d’action par moments, et incluent de longues descriptions et discussions entre personnages. J’ai été soufflée par ses nouvelles surtout, mais lorsque je suis tombée sur les romans, j’ai été portée à lire plus lentement, et ça m’a pris une éternité il me semble. Et, petit commentaire pour ceux qui l’ont lu (surtout les femmes) : est-ce que moi, ou avez-vous trouvé que les personnages féminins d’Asimov sont particulièrement fades et faibles? À part Susan Calvin, bien sûr, on tombe vite dans la caricature avec l’épouse de Bailey, même Gloria Solaria m’est apparue sans intérêt. Il y a bien Dors Vénabili, mais elle arrive tard dans la série, et bien franchement, il ne s’agit pas d’une femme comme les autres, n’est-ce pas? Donc je suis restée sur ma faim quant à la conception qu’avait Asimov de la place de la femme dans la société, de l’égalité homme femme, et du caractère des femmes en général. Heureusement, il a créé Susan Calvin!  

De plus, en novembre dernier, puisque j’ai terminé le Nanowrimo avec succès, j’ai reçu quelques « cadeaux » dont une série de livres sur l’écriture à prix réduit, en format epub. Je les ai presque tous lus dans les mois qui ont suivi, et si certains ne m’ont pas plu, la plupart m’auront servi. Dignes de mention, je soulignerais « The Freelancer’s Survival Guide », de Kristine Kathryn Rusch, un essai sur la vie d’auteur comme travailleur autonome : résumé d’une série de billets de blogues, cette compilation est néanmoins d’une grande utilité pour tout travailleur autonome qui doit composer avec sa productivité, des revenus faibles et variables, l’insécurité d’emploi, l’art de travailler avec des groupes de gens différents, la maladie ou les imprévus qui viennent nous mettre des bâtons dans les roues au pire moment, et j’en passe. J’ai beaucoup apprécié ce livre, et ses conseils sont logiques et à propos. Aussi, je mentionnerai « Million Dollar Productivity » par Kevin J. Anderson, un homme qui arrive depuis des années à sortir cinq livres par an, n’arrête jamais de travailler (j’avoue que ça en est maladif, mais on y tire certaines leçons de vie), et qui a un don pour aller à l’essentiel et éviter les pertes de temps. Toujours utile.

Également de cette série de livres électroniques, j’ai lu « Drawing on the Power of Resonance in Writing », de David Farland. La résonance, c’est quelque chose que tous les auteurs devraient avoir en tête en écrivant quoi que ce soit. David Farland parle de la façon dont on peut renforcer une idée ou un thème en le rappelant partout dans le texte, subtilement ou non. Il donne comme exemple Tolkien, un maître dans cet art. Nous utilisons tous la résonance à divers degrés en écrivant, dans la mesure où nous sommes influencés par ce que nous avons lu dans le passé, ce qui influence nos écrits. En être conscient aide à former un lien avec un autre ouvrage, thème, personnage ou histoire connue, sans le copier ou tomber dans le cliché. Bref, lecture très intéressante.

J’ai également été occupée par de nombreuses formations en ligne, les fameux MOOC (Massive Open Online Courses), qui me procurent une formation continue en écriture comme en sciences, mon domaine d’étude que j’ai délaissé depuis plusieurs années. Ainsi, j’ai suivi sur le site Coursera.org, des cours parfois utiles, parfois moins, tels que : « Introduction aux sciences judiciaires » (où j’ai appris que les meilleurs vêtements à porter lors d’un méfait seraient de coton blanc, pratiquement intraçable, et que les tests d’ADN les plus sophistiqués ne seront jamais aussi précis que les empreintes digitales, qui srestent uniques à chaque individu). « Introduction à la génétique et à l’évolution » (un cours de révision), « Épidémies et pandémies » (un cours moins scientifique que d’information sur les limites légales des interventions possibles lors de ces catastrophes, plus appliqué aux USA qu’au reste du monde), « Le monde de la fiction historique » (cours très intéressant sur la rédaction d’œuvres historiques, la documentation, les sources primaires, les faits, etc.), et enfin le Microbiome, un nouveau domaine d’étude des bactéries qui peuplent notre corps (notre corps contient 10 % de cellules humaines et 90 % de cellules bactériennes, il faut bien savoir de quoi on est fait!)

Après tout ceci, j’ai trouvé le temps de terminer mon roman en cours, celui que je traîne depuis plus de cinq ans. J’ai terminé la correction à la fin juin pour donner à mes b-lecteurs. J’ai reçu tout récemment de bonnes critiques de ces derniers, alors cette fois je suis prête à envoyer mon manuscrit aux éditeurs. Je me donne le mois d’octobre pour revérifier les dernières coquilles, sortir une liste d’éditeurs potentiels, imprimer et envoyer le tout. Après, je lâche prise, et je me relance dans le Nanowrimo 2015 en novembre, parce que pour moi, ça me motive d’avoir à produire un certain travail dans un laps de temps donné. J’aime les dates de tombée!  


Voilà mon année en bref. J’ai peu écrit, mais je crois avoir pris le recul nécessaire à mieux comprendre les points qui me posent problème, et à mieux organiser mon travail, et j'ai beaucoup lu. Maintenant, il ne me reste plus qu'à passer à l’action! 

vendredi 9 mai 2014

Persévérer, encore et toujours

Dernièrement, j’ai sérieusement remis en question mon envie d’écrire. Depuis trop longtemps, j’ai l’impression de tourner en rond, je n’arrive pas à terminer ce premier roman sur lequel je travaille depuis trop longtemps.

J’ai pourtant participé à trois Nanowrimo, à part ce premier roman, et écrit autant de nouveaux projets, ça m’a tenue en haleine pour un bout de temps, mais il faut dire que deux de ces projets étaient reliés à ce premier roman, dont je ne vois pas la fin. Quant au troisième, je l’ai laissé de côté parce que je l’ai écrit d’abord pour me faire plaisir, j’affectionne le sujet, mais il n’a rien d’original et je ne vois pas ce que je pourrais en faire. Un jour peut-être.

Je me retrouve donc encore et toujours devant ce premier tome, à contempler son abandon, parce que depuis le temps, si ça devait aboutir à quelque chose, ça aurait abouti, non? Je l’ai retourné de tous bords, tous côtés, mais certains projets demeurent irrécupérables, et c’est peut-être le cas ici. Je dis peut-être, parce que je n’ai pas mis une croix définitive dessus encore. J’y ai trop investi pour déterminer sa valeur.

Ces derniers mois, je me suis tout de même questionnée sur mon désir d’écrire, m’imaginant à quoi ressemblerait mon existence sans l’écriture, qui a pris une place centrale dans mon quotidien. Au final, j’avais l’impression de ne plus me connaître, de perdre mon identité. Trop déprimant.

Il y a quelques années, lors d’un atelier pour le travail, une animatrice nous demandait de nous présenter en nommant deux choses importantes qui nous définit comme personne. Seulement deux choses, ça devait ramener à l’essentiel. Alors j’ai choisi de me présenter d’abord comme une maman, parce qu’avoir des enfants a changé ma vie, et plus littéralement que la plupart des femmes. Depuis que j’ai des enfants, j’ai abandonné ma carrière traditionnelle en sciences, je suis devenue marraine d’allaitement bénévole, puis aujourd’hui je travaille pour cet organisme en allaitement. Je ne pourrais œuvrer là si je n’étais pas d’abord une mère, et ça a changé toute ma vie professionnelle, mon rapport avec l’argent, avec la communauté, et ça a ouvert les yeux sur mes priorités. La deuxième chose que j’ai mentionnée en me présentant, c’était que j’écris. Écrire me fait voir le monde sous un autre angle. Lorsque j’entends une conversation dans la salle de bain, j’imagine déjà le contexte autour, et comment l’intégrer dans mon histoire en cours. Toute anecdote racontée à portée d’oreilles pourrait être immortalisée sur papier. Toute nouvelle connaissance pourrait être amalgamée à un personnage de roman ou de nouvelle, lui procurant un aspect plus authentique. L’écriture me rend plus curieuse, à l’affût des nouveautés, de l’insolite, du fonctionnement de la société jusqu’à la psyché humaine.


La portée de l’écriture dans ma vie n’est pas qu’une simple question d’heures consacrées à cette activité, mais plutôt tout un schème de pensée au centre de mon quotidien. Comment arriverais-je à me reconstruire, si je devais abandonner l’idée d’écrire? C’est tout bonnement impensable. Plutôt continuer d’écrire, sans pression, et sans objectifs précis de publication, mais abandonner, c'est hors de questions.  

vendredi 6 septembre 2013

Faudrait ben que...

Faudrait ben que je me remette à écrire, à corriger mon texte en cours, à publier des billets de blogue de temps en temps, sinon on va croire que j'ai disparu. Il me semble que je n'ai plus le temps d'écrire. Il y a eut la rentrée scolaire, suivie de ma rentrée au boulot après 4 longues semaines de vacances, je ne sais plus où donner de la tête. Commencer sa semaine avec des heures supplémentaires, c'est moche. Mais ça réveille le cerveau à vitesse supersonique.

Faudrait ben que je me grouille à lire de nouvelles publications pour ma critique du Sans papier d'octobre, parce que la date de tombée approche vite vite et que je n'ai rien (ou presque) de nouveau à me mettre sous la dent. Lire, écrire, écrire, lire, critiquer. Ouaip.

Faudrait ben que je retrouve la discipline dans mon quotidien, sinon ma fille va finir par partir à l'école avec une boîte à lunch vide. Quelle mère indigne!

Faudrait ben que je me penche sur ces documents que je dois préparer pour postuler au programme de parrainage de l'UNEQ, il me semble que c'est une opportunité à ne pas manquer et qui tombe à point. Dû le 20 septembre. Je travaille toujours mieux lorsque j'ai des délais serrés et que quelqu'un attend après moi, sinon je me corrige à l'infini. Quelqu'un a déjà essayé?

Faudrait ben que j'y retourne, c'était toute la pause que je pouvais me permettre!

mardi 30 juillet 2013

Le travail c’est la santé?

Je méditais dernièrement sur l’énoncé : « Le travail, c’est la santé? »Puisque ces derniers temps, je ne peux échapper au boulot qui ne me laisse aucun répit, je me questionne sur ma relation au travail.

Mes parents ont bûché toute leur vie, et des décennies pour les mêmes employeurs, une réalité que je n'ai pas connue. Déjà petite, en me préparant pour l’école, je me demandais comment ils arrivaient à se lever et rentrer au boulot tous les jours de semaine, sans relâche, sans jamais prendre de journées de maladie ou si peu, avec quelques maigres semaines de vacances par année. Je me disais que cette vie-là ne me conviendrait jamais. J’ai toujours eu besoin de changement. S'il ne s'agissait pas de mes études ou mon emploi, ça s'appliquait à mes amours, mes logements, mes voyages, n’importe quoi pour me dépayser au quotidien. Allergique à la routine.

En vieillissant, il faut croire que je m’assagis. Je réalise de plus en plus que cet énoncé sur le travail me rejoint. Mais attention, pas n’importe quoi, n’importe comment. On ne parle pas du Goulag du bonbon, ni d’un quotidien rempli de tâches répétitives et abrutissantes. Il me semble que ces procédés ne donnent vraiment rien de bon, quoi qu’on passe tous par là une fois au moins dans sa vie. Mais travailler pour se garder occupé, actif, utile surtout : oui! Rien de mieux qu’une journée remplie de l'entrée jusqu’à la sortie du bureau, sentir qu’on contribue à la société, qu’on est apprécié, idéalement. Dans ces cas-là, l’emploi peut procurer une sensation de bien-être et de satisfaction, voir de réalisation. Maintenant, imaginons un peu ceux qui passent leurs journées à réaliser leurs rêves, à écrire par exemple, ceux-là flottent sur un nuage en permanence-rappelons-leur donc combien ils sont chanceux, voulez-vous? Parce que je devine qu’ils l'oublient trop souvent.

Dernièrement, on annonçait ici que travailler plus longtemps et se stimuler les neurones aidait à prévenir l’Alzheimer. Tant mieux! Sauf pour la partie bosser de plus en plus longtemps, si on déteste son job, c’est vraiment du supplice. À l’opposé, si on arrive à retirer une satisfaction de son travail, même alimentaire, alors oui je crois qu’il peut contribuer à la santé et à maintenir les capacités physiques et mentales, au-delà de l'âge de la retraite. La regrettée Susan Jeffers, l’une de mes auteures favorites d'ouvrages de développement personnel, conseillait d’ailleurs dans son livre « Tremblez, mais osez », que si l’on n’occupait pas pour le moment un emploi motivant ou satisfaisant, on pouvait toujours « Faire comme si » c’était le poste le plus motivant du monde en s’y investissant à 100%. Soudain, notre environnement s'en retrouve métamorphosé par notre changement d’attitude, ce qui nous rapproche chaque jour d’un milieu de vie plus accueillant, sain et épanouissant.

À ceux qui en ont la chance, toutefois, le mieux reste encore la célèbre citation de Confucius :

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » 

mercredi 17 juillet 2013

Chasseuse de fantôme

Le weekend passé, je visitais mes parents à Rimouski, j’ai donc omis mon billet du vendredi. Je vous servirai donc un récit des événements qui m’ont occupé l’esprit ces derniers jours.

Vendredi soir, après les embrassades, les retrouvailles, les mises à jour, le souper de fête de ma mère au resto, je me suis installée à l’heure du coucher dans le véhicule récréatif de mes parents. C’est bien plus pratique ainsi pour tout le monde, je n’ai pas à réclamer mon ancienne chambre transformée en bureau, et mes parents n’ont pas à tout chambarder. Je m’installe à mon aise dans le « batabago » devant la maison, je lis une petite demi-heure puis je me couche. Mais peu de temps après, une lueur, un clignotement me fait sursauter. Étrange. La lumière vient d’une maison voisine. Je me colle le nez à la fenêtre et j’observe un moment ce qui a attiré mon attention et qui m’empêche de dormir. Il s’agit en fait du luminaire d’entrée du domicile des voisins qui clignote, au début lentement, puis plus rapidement. À mon grand étonnement, je vois le clignement devenir plus sporadique, s’arrêter temporairement puis reprendre. Je me demande ce qu’ils foutent, là–dedans. Difficile à dire, il n’y a aucun autre éclairage visible, ni au salon ni à l’étage. Y a-t-il même quelqu’un dans la maison? Une voiture est garée devant, alors qu’ils en possèdent deux.

Le clignotement de la lumière d’entrée se poursuit durant plusieurs minutes. Les propriétaires tentent-ils de vérifier un problème électrique? À 23 h 30, vraiment? Je suis de plus en plus intriguée, parce que le rythme du clignotement ne correspond à rien qui paraisse délibéré, ou qui ressemble à un quelconque test. Du morse? Voyons! Aussitôt je m’esclaffe de mon imagination débridée. Et pourtant… l’idée qui me semble la moins farfelue dans tout ce qui me passe par la tête, c’est la présence d’un poltergeist dans cette demeure! Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Lorsque j’étais adolescente, l’une de mes amies très demandée pour garder les enfants avait réclamé mon aide pour la remplacer un soir chez un client, et j’avais été surprise d’apprendre qu’il s’agissait de voisins. Ils avaient un petit garçon d’environ trois ou quatre ans, je les connaissais peu, et puisque je n’étais habituellement pas disponible pour garder les enfants, ils n’avaient jamais songé à me le demander. J’ai acquiescé.

Durant la soirée, le bambin s’est montré très gentil et agréable, sauf à l’heure du coucher. Lorsque j’ai dû insister pour qu’il monte se brosser les dents et se coucher, il s’est exécuté à contrecœur. Mais tout en grimpant l’escalier, il s’est soudainement arrêté net, s’est retourné vers moi qui le suivant pas à pas et m’a regardé d’un air si maléfique que j’en ai eu des frissons dans le dos. Je n’aurais jamais cru qu’un petit enfant comme lui pouvait avoir l’air aussi diabolique. Bref, il m’a épouvantée d'un seul regard. Lorsque j’en ai parlé à mon amie, parce que digne de mention, elle m’a confié qu’elle aussi avait vécu là-bas deux ou trois trucs à faire dresser les cheveux sur la tête. Une fois entre autres, parce que le jeune garçon l’aimait bien, il avait décidé de lui montrer son trésor, lequel il gardait précieusement caché sous son lit. Lorsqu’il a déballé ce qu’il cachait dans un paquet de linge à vaisselle, mon amie a peiné à retenir une expression horrifiée en le voyant manier un énorme couteau de cuisine dangereusement affûté. Elle a préféré se désintéresser de l'objet, mettre vite le petit au lit en l’encourageant à ranger son « trésor » à sa place, qu’elle est ensuite passée reprendre lorsqu’il dormait à poings fermés. Hélas, je ne me rappelle plus très bien quelle a été la réaction des parents lorsqu’elle leur a dit, mais je soupçonne que ça ne les a pas choqués outre mesure. De fiers descendants de la famille Adams?

J’avais en tête toutes ces étrangetés entourant ce garçonnet et cette maison lorsque j’ai observé les lumières clignoter. Ce n’était plus la même famille qui y vivait, mais qui sait d’où ces comportements et manifestations provenaient? Mon esprit en quête de sensations fortes a fait le reste.

Le lendemain, j’en ai parlé à mon père, pour déterminer s’il avait déjà observé quelque chose du genre chez ces voisins. Non, et nul n’arrivait à expliquer le phénomène, à part l’évident « problème électrique ». Puis, je me suis rappelée d’un article du Writer’s digest qui soulignait que les écrivains gagnaient à repousser leur zone de confort et à prendre des risques pour apprendre quelque chose de nouveau, vivre le sentiment d’exaltation de se faire attraper à un endroit qui nous est interdit ou simplement oser faire quelque chose qu'on n'aurait pas normalement fait. Voilà ma chance! J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de sonner à la porte suspecte dès le lendemain : « Bonjour, je suis Hélène, la fille des voisins. Vous n’auriez pas remarqué des problèmes étranges avec vos appareils électriques, les lumières, ou quoi que ce soit d’autre? Des objets qui bougent de façon inexpliquée peut-être? »

Quoi, vous croyez que je suis cinglée? Bien sûr que je n’en ai rien fait, quoique j’aie été drôlement tentée. Si ça n’avait été du risque d'embarrasser mes parents (eh oui même à mon âge, ça continue ces culpabilités-là), je pense que j’aurais pu m’y résoudre. Mais au final, j’ai opté pour tester la reproductibilité des observations. Je me suis assise à mon poste le lendemain soir, et j’ai guetté. J’ai guetté, en regardant l’heure, de temps à autre. Puis je me suis réveillée au grand soleil (le toit ouvrant était ouvert- oups!) avec un mal de dos terrible.  


Rien à rapporter ce deuxième soir. Est-ce à dire qu’il n’y a rien eu? Qu’il n’existe rien d’étrange dans cette maison on ne peut plus ordinaire? Je l’ignore, mais j’aurais vraiment voulu que l'incident se répète et que je sois témoin de quelque chose d’insolite. Moi je me considère comme l’agent Mulder, je VEUX croire, mais je ne suis encore tombée sur rien qui soit digne de motiver mes croyances dans les phénomènes paranormaux. Ce n’est pas fini, je te garde à l’œil, toi le poltergeist de la maison de Rimouski!

mardi 21 mai 2013

Un panier d’idées fraîches

Il m’arrive parfois d’observer les gens dans les endroits publics. Jusque-là y’a rien de mal là-dedans, déformation professionnelle, n’est-ce pas? Mais l’un de mes endroits favoris, c’est encore l’épicerie. J’attends en file que mon tour vienne à la caisse, et j’ai tout le loisir d’observer la personne devant moi. Elle et ses achats. Ça devient fouineux? Je l’assume!

C’est qu’on peut apprendre tant de choses sur les gens en observant leurs habitudes nutritionnelles. Apprendre, ou plutôt tirer des conclusions hâtives, car on n’aura pas l’occasion de vérifier par la suite si notre constat s’avère erroné ou non. N’empêche, c’est amusant, essayez-le pour voir.

Vendredi passé par exemple, je patientais derrière une gentille personne qui attendait elle aussi d’avoir accès au tapis de la caisse pour vider son panier. Mes yeux avaient dérivé depuis mon propre panier aux étalages de barres de chocolat, au niveau des yeux. Hum, ça serait bon hein? Résiste, Hélène, résiste. Mieux valait regarder ailleurs.

Enfin, mon regard tombe sur le panier devant moi qui commence à se vider. Espoir, mon temps approche. C’est à ce moment que je me mets inconsciemment à noter ce que la personne (encore sans visage) achète : des fruits et des légumes. Quelques morceaux de viande, si peu. De bons jus bio. Presque pas de nourriture préemballée, juste des produits frais ou presque. Je me dis « voilà une bonne épicerie santé! » Je lève les yeux sur une petite dame d’un certain âge, les cheveux blancs, la ligne svelte, mais pas chétive pour autant, et je me dis aussitôt qu’ils sont bien assortis, son épicerie et elle. C’est évident qu’à cet âge, elle a l’habitude de bien entretenir son corps pour paraître aussi en santé. Elle mange sainement et ça se voit. D’ailleurs, son teint basané en ce début de belle saison suggère un mode de vie actif, à l’extérieur. Jardinage? Longues promenades en amoureux? Elle est seule maintenant, mais vu le volume de ses achats, qui lui coûtent presque autant que mon propre panier, elle doit nourrir deux adultes avec ça. Elle est trop âgée pour avoir de jeunes enfants à la maison, et ses grands enfants, s’ils y étaient encore (des Tanguy, quoi) feraient grimper la note de bouffe d’au moins le double. J'en déduis qu'elle habite avec son mari, et qu'ils sont sans doute très en forme l'un et l'autre, profitent du beau temps et se la coulent douce.  Pourquoi pas?

Je la trouve belle. J’aimerais bien être comme elle à son âge, et je me dis que tout ne dépend que de moi. C’est là que j’observe mon propre panier. Règle générale, j’en suis assez fière. Assez de fruits, un peu trop de viandes peut-être, mais c’est le temps des BBQ et j’en profite. Mais il y a un hic. Depuis plusieurs mois déjà, je m’approvisionne en fruits et légumes de l’initiative Bonne boîte,bonne bouffe de Moisson Montréal, qui achète en gros et offre des paniers à faible prix à travers divers points de chute, dont mes voisins d'étage au centre communautaire où je travaille. Ma note d’épicerie, du coup, a beaucoup chuté, mais voilà que je commence à avoir honte de mon panier. Si un double de moi me voyait en ce moment, un peu enveloppée et le teint pâle, il se dirait sans doute que je manque de légumes frais et que je mange mal. Mais non! Je manque de soleil, j’ai un petit côté vampire dont je vous parlerai sans doute une autre fois. Et malgré les bons fruits et légumes, j’ai encore du mal à faire de l’exercice sur une base régulière.

La morale de cette histoire, c’est qu’il ne faut jamais tirer de conclusions hâtives basées uniquement sur l’apparence. Mais des fois, ça stimule l’imaginaire, et ça, il faut en profiter partout où ça passe.  

jeudi 25 avril 2013

Écriture, mémoires d’un métier de Stephen King


Voilà ma lecture en cours, je ne l’ai pas encore terminée, mais je ne pouvais résister à l’envie de vous en parler à chaud, de peur que les idées me fuient durant la nuit!

Disons d’emblée que je n'incarne pas la grande fan de Stephen King. Je le lis pour la première fois, à mon souvenir. Probablement parce que j’ai déjà vu des films d’horreur dans mon adolescence basés sur ses romans, et que je n’avais pas envie des cauchemars qui les accompagnent. L’horreur, ça n’a jamais été mon truc. Mais j’avais beaucoup entendu parler de ce livre sur son expérience personnelle en écriture, et ça m'a convaincue de m’y mettre.

Lorsque j’ai effectué une recherche informatique à la bibliothèque, j’ai réalisé que certaines bibliothèques dans le réseau plaçaient cet ouvrage dans les « 800 » pour les œuvres sur la littérature, mais à ma bibliothèque il était classé dans les « 900 » avec les biographies. Mais branchez-vous, que diable! Bien sûr ça n’a rien de sorcier, il s'agit un peu des deux, sa biographie en première partie, suivie d’un essai sur l’art d’écrire.

La biographie de l’homme s'avère divertissante parce qu’il sait se concentrer sur les moments clés de sa vie qui ont contribué a ce qu'il devienne un écrivain. J’ai été subjuguée pendant les premières cent et quelques pages où l’auteur décrit d’une anecdote à l’autre son enfance difficile, ses petits boulots, sa rencontre avec sa femme qui a toujours cru en lui et en son talent d’écrivain. Tout cela m’a comblée, car c’est bien raconté avec beaucoup d’autodérision. Puis est venu le temps où il a décroché un premier contrat de vente pour Carrie,  et de là tout a déboulé. Par la suite, une compagnie de formats de poche achète son livre pour 400 000$, dont il recevra 50%.  Un contrat de poche, et c’est dans la poche, pour faire un jeu de mots poche. Et comment ça fonctionne au juste, ces contrats? Bref, cela représente beaucoup d’argent en peu de temps, époustouflant. Et voilà que l’écrivain était né, il pouvait enfin laisser son travail d’enseignant et réaliser certains rêves. Juste comme ça, pour ainsi dire. Ça me semble un peu facile. Oui, il a ensuite sombré dans l’alcool et les drogues, que devrais-je en penser? Pauvre petit garçon riche et célèbre? Il reste qu’il a connu le succès quasi instantané, et que c’est rare, surtout de nos jours. Certes il a sans doute du talent à revendre (je vous rappelle que je n’ai rien lu d’autre de lui), mais il y a un facteur chance là-dessous. Suis-je désabusée de penser que ça ne se passe plus comme ça aujourd’hui? Corrigez-moi si je me trompe. Ce que l’auteur ne dit pas toutefois, c’est s’il représentait l’exception à la règle, une étrangeté de la nature, un monstre pour avoir percé ainsi, ou si ça arrivait assez fréquemment pour qui possède du talent et une bonne histoire à présenter au bon moment.

La conclusion de cette première partie porte sur cette réflexion inspirante. Il avait toujours rêvé de se procurer l’un de ces gros bureaux massifs qui trônent au centre de la pièce. Il l’a obtenu, et y a passé des heures horribles (ivre ou à l’état d’épave, comme il l'affirme lui-même). Après être redevenu sobre, il s’en est débarrassé pour un plus modeste, qu’il a posé dans un coin de son espace de travail transformé en petit salon convivial. Voici son conseil :

« Mettez votre bureau dans un coin et, chaque fois que vous vous y installerez pour travailler, rappelez-vous pour quelle raison il n’est pas au milieu de la pièce. La vie n’est pas un système logistique destiné à soutenir l’art. C’est le contraire. »

Grâce à cette illustration concrète, je garderai toujours ceci à l'esprit, si j’obtiens un jour ma pièce à moi pour écrire. Sait-on jamais?

Commence ensuite l’enseignement. Je ne suis pas très avancée dans cette section, mais j’avoue que tout ce qu’il y raconte me touche directement. Je retiens en particulier deux choses : l’une, il faut lire beaucoup pour apprendre le métier – il mentionne lire 70-80 romans par an, et se dit un lecteur plutôt lent. Là je me questionne. Et moi? Je lis davantage depuis que j’écris des critiques, mais pas 70. Pas même 50. Avec mes critiques seules, je dépasse la trentaine, et ça seulement depuis septembre passé. Si les dates m'échappent, je monte facilement au-dessus de 40, mais de là à dépasser 50, je ne crois pas. Mais je bouquine de plus en plus puisque c’est redevenu une priorité dans ma vie. Vous, avez-vous une idée de combien de romans par an (j’exclus volontairement les nouvelles)? 

La deuxième chose qui a attiré mon attention, c’est qu’il affirme que l’on apprend plus encore de la mauvaise prose que de la bonne. Les livres médiocres, les gros problèmes de style, ça tombe tellement sur les nerfs qu’on se remémorera le défaut durant toutes nos sessions d'écriture, pour les éviter.

Je pense à un exemple récent. J’ai lu un roman, assez volumineux, dont l’intrigue cheminait tout de même de façon intéressante et soutenue, mais dont le style de l’auteur m’a horripilée. J’ai donc décidé de ne pas le critiquer, ce serait trop horrible. Puisqu’il s’agissait de la première publication de l’auteur, j’ai voulu donner la chance au coureur en tentant le coup à nouveau avec un deuxième tome. J’étais convaincue qu’avec un changement d’éditeur, avec l’expérience et une nouvelle direction littéraire, les tics et erreurs de style qui m’avaient fait grincer des dents la première fois appartiendraient au passé. Mais non. Dès les premières pages, j’ai retrouvé les mêmes points faibles, les mêmes formes adverbiales inutiles et lourdes utilisées à outrance, les mêmes débuts de phrases en participe présent. C’est l’abondance de ces points qui m’a contrainte à refermer le livre et à le retourner à la bibliothèque illico. Et non je ne vous dévoilerai pas de qui il s’agit, mais ce n’est pas toi, ni toi…

Bref, tout ceci pour dire que s’il m’apparaît souvent tranchant dans ses propos, je me range du côté de Stephen King lorsqu’il affirme qu’il faut lire de la bonne littérature pour s’en inspirer et s’améliorer, mais que la mauvaise aussi à ses utilités à ne pas négliger. 

Après avoir lu ce roman horrible, je me suis dit que je pouvais peut-être arriver à faire mieux, et ça m’a encouragée à continuer. Voilà, je retourne de ce pas terminer ma lecture, on s’en reparlera. 

jeudi 21 mars 2013

Le petit guide de l’édition (Tout ce que les aspirants auteurs devraient savoir)


Le petit guide de l’édition (Tout ce que les aspirants auteurs devraient savoir) de Dominique Girard, Agence littéraire Trait d’union, 2012

Ouch! Quand je relâche, je ne relâche pas à moitié! Ça fait près d’un mois que je n’ai rien écrit ici, et ce n’est pas par manque d’idées ou de volonté. Petit rush prérelâche, puis la relâche comme telle, puis… ben c’est la vie et me revoilà.

J’ai lu ce tout petit guide récemment et je l’ai adoré, de sorte que je m’en voudrais de ne pas partager mon enthousiasme. Il recèle des trucs pratiques et concrets pour se rendre jusqu'au fil d'arrivée de la publication sans heurts. 

S’adressant comme le nom l’indique aux apprentis auteurs, ce petit bijou répond franchement aux innombrables questions que se posent les écrivains publiés ou non. Se basant sur un programme de 2e cycle en édition de l’université de Sherbrooke et sur sa propre expérience d’une quinzaine d’années, l’auteure nous apporte ses réflexions et partage ses connaissances inestimables.

Sans dire que j’y ai appris beaucoup de nouveautés, puisque j’ai eu l’occasion de poser mes questions à mes amis auteurs au fil des dernières années, je peux affirmer qu’avoir mis la main sur ce bouquin plus tôt dans mon cheminement dans l’écriture m’aurait été d’un grand secours et m’aurait évité bien des pertes de temps et d’énergie. La majorité de ceux qui lisent ce blogue sur une base régulière connaît déjà le milieu de l’édition, mais il constitue une excellente référence pour les gens qui vous poseront des questions plus tard (comme moi par exemple!).

Dominique Girard mentionne entre autres l’importance de lire et de connaître le milieu littéraire, et que pour former un écrivain, une décennie peut facilement s’écouler. Je ne devrais pas être trop loin de ça. Aussi elle met en garde contre ceux, nombreux, qui rêvent d’écrire à la retraite. Si c’est faisable, ce ne sera certainement pas facile, et il est toujours préférable de commencer à se consacrer sérieusement à l’écriture le plus tôt possible. Dans le même ordre d’idée, l’auteure recommande l’association à un mentor ou des lecteurs du milieu comme les autres auteurs (et non seulement les proches).  Ces derniers pourront produire un rapport de lecture et, par leurs critiques constructives, aideront sans doute l’auteur en devenir à progresser à vitesse grand V en corrigeant des défauts et tics qu’il aurait mis des années à déceler par lui-même.

La liste de faux pas à éviter est longue, mais combien utile! Que ce soit parce qu’on choisit mal le genre littéraire dans lequel on écrit, ou l’éditeur à qui on envoie son manuscrit, ou encore que l’on fait trop de fautes, on commet des impairs qui ne pourront sauver même une très bonne histoire. Et par fautes, il faut inclure l’abondance d’adverbes, de mots et verbes ternes tels tous, tout le monde, choses, être, avoir, faire, aimer, les anglicismes, la ponctuation déficiente, les phrases trop longues ou mal construites, les coquilles fréquentes, le vocabulaire pauvre et j’en passe.

Dominique Girard décrit également les différentes étapes suivant l’acceptation d’un contrat: les clauses, les droits d’exploitation numérique, les étapes de la production du livre, le lancement et la promotion, les paiements et redevances, la relation entre l’auteur et l’éditeur, l’autoédition et l’édition à compte d’auteur, autant d’informations pertinentes et précieuses dont on ne saurait se passer. Pour avoir abondamment discuté de ces sujets avec des connaissances depuis quelques années, j’ai trouvé les informations présentées justes et réalistes. Quoi de plus frustrant que de se faire bercer d’illusions par des rêves de gloire et de richesse, sans connaître les réalités de notre marché québécois?

Le petit guide de l’édition nous brosse un portrait tangible de la réalité du marché de l’édition chez nous. Si vous n’avez pas encore publié ou si vous connaissez quelqu’un qui s’intéresse à l’écriture, de grâce lisez ce guide, il vous lancera à coup sûr vers la bonne direction et vous évitera de nombreux écueils. 

mardi 12 février 2013

Qui êtes-vous dans les réseaux sociaux?


Le 30 janvier dernier, j'assistais virtuellement à une conférence donnée par Madame Diane Bourque dans le cadre des soirées Grands communicateurs, disponible via la Teluq. Madame Bourque est une spécialiste web et réseaux sociaux, et le thème de la soirée s'annonçait sous le titre prometteur: Qui êtes-vous dans les réseaux sociaux? 








Je tenterai de vous en résumer les grandes lignes ici, mais la présentation complète est aussi disponible sur son site en vidéo et en PDF, si ça vous intéresse. La présentation dure environ une heure trente, par contre les diapositives se lisent rapidement, c'est ce que je vous conseille de faire  pour commencer.

Comment définir qui nous sommes dans les Réseaux sociaux ?

D'entrée de jeu, il faut dire que la présentation s'orientait vers les entreprises et les professionnels, non l'individu. À titre d'écrivains, nous pouvons ainsi faire une différence entre les plateformes personnelles et professionnelles, mais parfois les deux se confondent. À cet effet, elle nous a brièvement parlé d'outils comme ifttt.com qui aide à diffuser spontanément de l'information à partir d'un média donné. Je viens tout juste de m'y inscrire, aussi j'ignore encore si ça me sera utile et comment ça fonctionne, mais voilà ce que j'en comprends. À partir d'une source de contenu (exemple: blogue), on programme cet outil pour une rediffusion immédiate sur différents réseaux choisis: Twitter, Page Facebook, profil FB, LinkedIn, etc. On peut choisir un code que le site reconnaîtra pour établir le lien, ainsi ce ne sera pas tous les billets de blogues qui seront diffusés, uniquement ceux qui possèdent ce code dans les libellés. Ça peut être pratique pour ceux qui ont l'habitude de faire le tour des médias sociaux avec leurs liens URL, mais lorsqu'on en gère peu, ça n'est pas nécessaire.

Mme Bourque nous a aussi parlé de l'importance de se fixer des objectifs, tels augmenter ses ventes, sa communauté, les interactions désirées entre les membres, etc. Les réseaux sociaux sont aussi utiles pour encourager le phénomène de mise en récit (storytelling) de nos utilisateurs qui favorise le partage d'information, augmente la crédibilité et crée notre promotion spontanément.

Êtes-vous vraiment Qui vous pensez être dans les Réseaux sociaux ?

Pour évaluer qui nous pensons être sur les réseaux sociaux, nous pouvons recourir à divers outils web en leur donnant accès à nos pages de réseaux sociaux, pour qu'ils calculent l'impact donné de nos activités. Combien de gens sont-ils rejoints? Par exemple, ceux qui administrent une page professionnelle Facebook savent qu'on reçoit toutes sortes de statistiques sur notre page, les visites, les interactions, les partages etc.  Idem pour les blogues. Il est intéressant toutefois de regrouper le tout globalement, comme le fait Klout (www.com) ou autres (trustcloud.com, twocharts.com). J'ai ouvert un compte Klout par simple curiosité. Son rôle est de mesurer la popularité des interventions (publication de contenu) basée sur les interactions. Par exemple, la semaine où j'ai ouvert le compte Klout coïncidait avec ma publication sur ce blogue de ma critique d'Impasse de Sylvie Gaydos, ce qui avait fait réagit Sylvie, Lucille parce qu'elle avait vu son livre parmi mes lectures en cours, et plusieurs autres personnes qui ont commenté et partagé le message (sur Facebook surtout). Mon Klout a été calculé à 50, et j'ai bien peur qu'il ne fasse que descendre dans le futur, mais pour l'instant il se maintient. Paraîtrait que Barack Obama est à 99.

Ça peut être amusant, utile ou encore nous faire perdre un temps précieux qui serait mieux utilisé à écrire, je l'ignore encore. Pour moi ça n'a pas encore une grande importance, mais je songe à certains d'entre vous, auteurs prolifiques, et je me dis qu'il y a des outils là-dedans qui sauraient vous aider.

Vous voulez être qui dans les réseaux sociaux?

Quel profil visez-vous parmi les suivants;
L'observateur: Il regarde sans trop partager de contenu. Parfois ce sont des gens timides qui se forgent un faux compte pour visiter les médias sociaux sans se faire remarquer, avant de passer à l'autre étape. Pas sûr que ça nous avance par contre, nous les écrivains-auteurs.
Le collaborateur: Il partage du contenu fréquemment et passe l'information de ses pairs, prend part aux discussions. C'est là que je me situe comme beaucoup d'autres.
Le communicateur: c'est celui qui partage beaucoup d'information pertinente dans son domaine, à titre d'expert.
Le provocateur: On le connaît, il aime semer la pagaille et participer à des débats houleux.
Le placoteux: Il parle sans arrêt de choses sans intérêt, genre divas et vedettes d'Hollywood. On n'a pas besoin de tout partager, tsé.

Elle a terminé sa présentation sur quelques conseils dont la plupart des blogueurs sont déjà au fait, mais pour résumer les plus importants:


  • Partager des informations pertinentes
  • Dites merci et bonjour à vos interlocuteurs
  • Rendez service aux membres de votre communauté
  • Utiliser des URL raccourcis dans Twitter (bitly.com et autres) 
  • Gardez vos objectifs en tête lors des communications
  • Le vendredi, prenez le temps d'envoyer des #FF (Follow Friday) pour publiciser les adresses Twitter de nos collaborateurs
  • Ne jamais oublier que ce qui est écrit sur le Web 2.0 y est pour rester, le partage se fait très rapidement et on ne peut retirer une publication complètement.
  • Attention à l'alcool et autres substances, ne pas utiliser les médias sociaux sans toute sa tête!
  • Maintenir un rythme constant. Ce n'est pas la fréquence qui importe le plus, mais la régularité
  • Vérifier les liens URL avant de les partager
  • Attention au "bitchage", prendre une bonne bouffée d'air avant de dire des choses que l'on pourrait regretter
  • Apprenez à utiliser les mots-clics sur Twitter. 


À la fin de la conférence, j'ai demandé quel avenir elle prévoyait pour les blogues. Sans grande surprise, elle a répondu que les blogues étaient de plus en plus remplacés par d'autres plateformes de microblogging (FB, Twitter) qui prennent moins de temps. Mais elle admet aussi que les blogues sont là pour encore un autre 10 ans au moins. Il est certain que le blogue est un excellent générateur de contenu, il faut bien un peu d'espace pour approfondir sa pensée et partager des informations, espace que les autres plateformes n'offrent pas. Le blogue nous sert souvent de site web aujourd'hui. Alors continuons à bloguer, confrères et consœurs  dans l'espoir de partager de l'information, du vécu pertinent, utile ou au moins, cocasse.

Et la grande question: Combien de temps doit-on y consacrer? Autant que vous voulez ou pouvez, selon vos objectifs! Un simple quinze minutes par jour, bien investi, peu nous êtres très utile, mais on conviendra que c'est très peu. Je pense qu'avec une heure par jour on peut s'en tirer assez bien, en misant aux bons endroits selon les gens que l'on veut rejoindre.

Pour en savoir plus sur le côté professionnel de Facebook et sur Twitter, pour ceux qui ne s'y connaissent pas très bien, je vous recommande chaudement le livre de Dominic Arpin et Patrick Dion "Comment devenir une star des médias sociaux", très informatif et ludique.

suggère Et vous, combien de temps consacrez-vous dans les médias sociaux?

mercredi 31 octobre 2012

Vieux, c’est à quel âge?

J’attendais dans la file du casse-croûte pas du tout santé et la dame âgée juste devant moi passait sa commande. Après la troisième fois qu’elle demandait à la caissière de répéter les choix au menu, elle finit par s’excuser à la dame en jouant les vieilles femmes gâteuses. « Que voulez-vous, j’ai soixante-quinze ans, à mon âge on ralenti, je ne suis plus aussi vite qu’avant » nous sert-elle, moi comprise alors qu’elle se retourne pour juger de l’effet de sa pointe d’humour. J’ai enfin la chance de l’observer davantage, alors que je ne voyais que son dos auparavant. Avouez qu’une déclaration comme celle-là donne d’emblée  le droit d’évaluer les preuves à l’appui sans scrupules. Cheveux gris épars et clairsemés, épaules voûtées, vêtements négligés, peau fripée et surtout multiples taches pigmentaires me laissaient croire qu’elle faisait son âge. La surprise est venue de derrière le comptoir. Alors que la caissière restait bien sagement à son tabouret et annonçait les commandes à sa collègue « Une poutine, un steamé pis une canette de Coke pour apporter! », cette dernière courait de part et d’autre de la cantine pour préparer les plateaux, sans s’arrêter une minute pour souffler. En entendant l’énoncé de la cliente concernant son âge, elle s’est arrêtée brusquement devant le guichet.

« Moi aussi j’ai soixante-quinze ans et je suis toujours aussi vite! » Et paf, sur cette déclaration-choc elle nous laisse tous pantois pour vaquer à ses activités, comme une Speedy Gonzales sur l’amphétamine.   

De nouveau j’observe la nouvelle venue dans mon champ de vision : toute menue, courte, débordante d’énergie, sautant de gauche à droite avec ses espadrilles, son filet à cheveux ne l’avantageant pas, mais, somme toute une femme à qui on n’aurait pas donné plus de soixante ans. Certes, son visage portait les marques du temps, tout en rides, mais des rides d’expressions surtout, et moins profondes que celles que je venais de détailler, sans taches brunes à l’horizon. Voilà que je me retrouvais face à deux femmes de soixante-quinze ans dont l’une était plus jeune que l’autre! Quel désarroi!

Je me suis mise à réfléchir sur la conception de la vieillesse. Si j’ai compris une chose avec le temps, c’est qu’il n’y a pas d’âge universel pour être vieux. Demander à l’homme de quatre-vingt-dix ans, il vous dira qu’il est encore jeune comparé à l’autre qui vient de fêter ses cent ans! Quand on se compare, on se console, me direz-vous? Mais ce n’est pas encore ça.

Je me rappelle que toute petite, mes amis et moi jouions aux grandes, et mon âge préféré à l’époque c’était seize ans. Il me semblait que tout serait possible à seize ans, tout en restant confortablement protégée dans le cocon familial. Lorsque j’ai eu seize ans, je n’ai plus beaucoup pensé à vieillir pour un long moment. Mais à l’université, lorsque j’ai décidé de poursuivre à la maîtrise, j’ai accepté à un point que ma carrière prendrait son essor dans la trentaine, puisque ma vingtaine serait consacrée à mes études. Je ne me voyais pas me marier ou avoir des enfants à ce moment, pas moi. Lorsque j’ai eu trente ans, j’avais même l’impression d’approcher du but, de la femme accomplie que je deviendrais. Quelques-unes de mes amies ont déprimé, il a fallu les sortir, se saouler, dégriser dans un SPA tout un week-end. Bref, tout étant relatif, j’avais déjà noté la divergence de perception entre ces amies et moi sur nos âges respectifs. Pourtant je me disais : venu quarante ans, là je vais commencer à me sentir vieille. Mais non! Ça n’a rien à voir. Aujourd’hui j’arrive même à concevoir que peu importe l’âge physique, c’est dans le cœur que ça se passe, et dans la tête aussi, et j’ajouterai que le cas de la préposée à la cafétéria m’a fait réaliser que l’activité continue garde jeune et en santé également. Alors aussi longtemps que je trouverai de quoi m’occuper, je resterai jeune, et le physique suivra. Et puisque j’écris pour m’amuser, je ne manquerai jamais de travail. C’est-ti pas beau la vie?

mercredi 24 octobre 2012

Richard Castle l'écrivain-détective


Si vous ne connaissez pas la série télévisée Castle de ABC (diffusé sur CTV au Canada), je vous propose un tour d'horizon.

Richard Castle (joué par Nathan Fillion) est un écrivain de romans policiers à succès, millionnaire et totalement jet-set, vivant à New York. Lorsque surviennent des meurtres copiant ses livres dans les détails sanglants, la détective Kate Becket (Stana Katic) est appelée à résoudre les crimes et fait appel à Richard Castle comme expert dans cette série de meurtres. Ils forment une équipe du tonnerre, le flamboyant Castle avec ses idées hors normes, et la mystérieuse Becket qui ne baisse jamais les bras. Castle aime un peu trop ce nouveau jeu de détective et à la fin du premier épisode, profitant de ses relations avec le maire (un vieux pote de poker), il devient le nouveau partenaire consultant de Becket sous prétexte de s'en inspirer pour ses futurs romans, au grand dam de cette dernière. Au départ, elle est exaspérée par la présence de cet homme aux moeurs légères, toujours à  flirter et à blaguer sur les scènes de crime comme si c'était un jeu, mais il faut admettre qu'il est attachant et une tension sexuelle efficace s'installe entre les deux (évidemment!). Il utilise Becket comme muse pour ses nouveaux romans et elle profite de l'expérience de Castle pour plonger dans la psyché des tueurs.

Nous en sommes à la 5e saison. Au départ, Becket faisait beaucoup plus "policière", mais il me semble qu'au fil du temps, ses cheveux s'allongeant, elle devient de plus en plus "pitoune" de luxe et de moins en moins crédible dans le rôle de la détective coriace. Les coiffures élaborées, le eye-liner de superstar, les talons hauts, les vêtements stylisés, je me dis que ça doit être encombrant pour chasser les criminels, sans parler du temps et de l'argent que ça bouffe, quand on connaît le salaire des policiers. Mais bon, chacun son truc. Castle lui au contact de Becket se raffine. Alors qu'il jouait le playboy millionnaire au départ, il s'assagit pour impressionner la belle, parfois, et cesse petit à petit de courir les jupons, ce qui les rapproche bien entendu.

J'écoute cette série avant tout parce qu'elle est très humoristique, intelligente et efficace. Le jeu de Nathan Fillion qu'on a vu dans la série Firefly (un excellent western de l'espace, ni plus ni moins) vaut le détour à lui seul. Il sait passer du sérieux à la comédie en une seconde, joue à la merveille l'amoureux contemplatif et surtout l'écrivain inspiré, que ce soit à son clavier (que l'on voit peu, mais à l'occasion) ou au poste de police. 

Oui, Rick Castle vit la grosse vie de Jet-setter new-yorkais, celle de l'écrivain qui a réussi, dont les publications deviennent automatiquement des best-sellers, marié et divorcé deux fois, père d'une adolescente plus mature que lui, fils d'une actrice narcissique qui n'accepte pas de vieillir. Il est branché sur tout ce qui se fait de bizarre et d'étrange chez l'être humain semble-t-il, du "zombie walk" (dont j'ai découvert l'existence en écoutant Castle) au jeu de rôle d'espion, en passant par toutes les légendes urbaines imaginables. Mais outre son statut social et mondain, l'homme fascine parce qu'il cherche toujours l'histoire à raconter derrière le crime sur lequel il enquête, il prend des risques, contourne les interdits, ne saute jamais aux conclusions, mais réfléchi à l'extérieur des normes dans lesquelles les détectives se bloquent parfois, ce qui fait de lui un atout majeur pour Becket et son équipe. Ensemble, ils forment un duo-choc qui gagne presque à tout coup en se complétant, et c'est la beauté de la série. Les personnages secondaires, entre autres Ryan et Esposito, les deux autres membres de l'escouade, ainsi que le médecin légiste Lanie, la meilleure amie de Becket, ajoutent du piquant à la série et parfois une tension intéressante. 

Et pour tout dire, Castle mène la vie d'écrivain rêvée, alors allez voir ça, les lundis soirs à 22 h 00 sur CTV et en français sur Séries + maintenant.

jeudi 4 octobre 2012

Ça commence aujourd'hui!

Il y a environ quatre ans, j’ai consulté une voyante pour la première fois de ma vie. Je ne m'étais jamais montrée particulièrement curieuse envers mon avenir auparavant. Après tout, à quoi bon? Si on me donne de mauvaises nouvelles, je m’en ferai jusqu’à ce que ça se produise. Si les nouvelles s’avèrent bonnes au contraire, ça gâchera un peu la surprise et le plaisir plus tard, non? Ça, c’est si on prend les prédictions au sérieux. Mais voilà, cette femme n’était pas une voyante (ou médium) comme les autres. Elle se spécialisait dans la lecture de la mission de vie, et non dans l’avenir. Cette perspective intéressait nettement plus la femme que j’étais, à la croisée des chemins. Pour récapituler, je savais depuis plusieurs années déjà que je voulais écrire, plus tard peut-être, à la retraite possiblement. Mais je savais aussi que je n’endurerais jamais mon mode de vide jusque-là.

Je travaillais en communications marketing dans une boîte de biotechnologie, et les dernières années s'étaient montrées dures. Restructurations, mises à pied subites et massives, dégradation de l’ambiance au travail, etc. Mon plan voulait qu’au moment choisi, je devienne travailleuse autonome en offrant mes services à mes contacts de l’industrie, puisque je saisissais bien les enjeux de mise en marché des produits, la science derrière tout ça, et que je pouvais pondre les éléments de communication et de marketing qui répondraient aux besoins des compagnies (surtout en démarrage). Je prévoyais voguer sur ces contrats occasionnels aussi longtemps que je le voudrais, m’octroyant du temps pour écrire et organisant mes journées comme je l’entendais. Mais vous le devinez, ça ne s’est pas passé comme ça.

Bien après avoir ébauché ce plan, j’ai connu plusieurs revers qui m’ont menée vers l’assurance emploi (pour résumer : mise à pied- retour au travail-enceinte-congé parental-poste aboli-retour au travail-mise à pied). Mon plan m’est revenu en tête à ce moment. Pourquoi ne pas devenir travailleuse autonome, puisque je me retrouvais sans emploi à nouveau, et que j’en avais marre du mode corporatif? Bénéficiant d'un programme du gouvernement pour soutenir le démarrage d’entreprise, je me suis lancée: les cours, le plan d’affaires, le démarchage, etc. Je débordais d'enthousiasme, mais en même temps, nous désirions un autre enfant et l’horloge biologique me taraudait. Je suis redevenue enceinte durant le programme, et c’est là que j’ai consulté cette voyante (vous l’aviez oubliée celle-là, avouez?).

Puisqu’elle se spécialisait dans la mission de vie, je tenais à savoir si l’écriture se trouvait quelque part dans mon futur, et si j’arriverais à quelque chose avec cette compagnie que je tentais de démarrer. Elle m’a répondu que oui, l’écriture faisait partie de ma mission, mais qu’avant d’y arriver j’avais besoin de plus d’expérience de vie et de maturité (je paraphrase, là). Puis elle m’a dit quelque chose qui m’a complètement découragée : que pour une raison de « cycle énergétique » que je n’ose tenter d’expliquer ici, rien ne se produirait d’encourageant avant un bon quatre à cinq ans, côté écriture. Et en ce qui concernait mon travail autonome, elle y voyait peu de chance de succès, car la venue de mon deuxième enfant prendrait sans contredit toute la place dans mon quotidien, donc je n’aurais pas l’opportunité de m’investir dans le développement des affaires. Vous l’aviez vu venir, vous, n’est-ce pas?  J’ai eu quelques clients, mais bientôt, il m’a fallu refuser des projets, car je n’aurais pas le temps de les terminer.

Le temps, finalement, a donné raison à cette voyante. Dès le départ, j’étais sceptique et prenais le tout avec un grain de sel. Mais sa mise en garde sur le manque de débouchés de l’écriture avant un bon quatre ans m’a freinée pour un long moment. Déçue, j’ai arrêté d’écrire; apparemment j’y ai cru malgré moi. Puis, petit à petit, j’ai recommencé à écrire, profitant de la fin de mon dernier congé parental, lorsque ma petite est entrée en garderie, pour terminer le premier jet de mon tout premier roman. Il était encore loin d’être présentable, mais pour la première fois de ma vie, j’étais allée au bout d’un immense projet, un que j’avais entamé près de quinze ans auparavant, et j’étais fière de moi. Depuis, j’ai continué, persévéré, écris un deuxième tome à ce premier, puis un autre roman complètement différent. Je n’ai pas encore trouvé d’éditeur, mais je dois dire que ces versions ne me satisfont pas encore totalement. Il y manque un petit quelque chose, et j’ose espérer que je trouverai sous peu, avec de l'aide ou de la persévérance, probablement les deux.

Ensuite, je n’avais plus du tout envie de retourner en arrière. J’ai déniché un travail à temps partiel pour un OSBL que j’adore, avec des collègues que j’adore. J’ai peu de revenus, mais j’ai du temps pour m’occuper de ma petite famille et pour écrire. Et je suis tellement plus heureuse qu'autrefois!

La beauté de tout cela, c’est que le fameux quatre ans de latence prédit par ladite voyante se termine aujourd'hui (et que le reste commence, si vous me suivez!) Avec mon anniversaire, l’arrivée d’un nouveau momentum dans ma vie, d’une poussée du destin, je l’ignore, mais je me sens prête à recevoir. Tant qu’à y croire, hein? J’ai beaucoup travaillé durant ces dernières années, j’ai appris, j’ai commis des erreurs, je me suis corrigée, et j’ai encore tant à apprendre, c’est merveilleux et exaltant. Donc à compter d’aujourd’hui, plus rien ne pourra m’arrêter. Attachez vos tuques avec de la broche, ça va brasser! 

Je vous souhaite à tous une merveilleuse journée, et surtout, de croire en vos talents et de poursuivre vos rêves.

mardi 2 octobre 2012

Inspiration/respiration


Vous savez, cet instant juste entre le sommeil et l'éveil, où on fait les rêves les plus étranges, dont on risque de se souvenir dès le lever? Et bien ça m'arrive tout le temps et j'adore ces moments d'inspiration complètement déjantée! Puisque mon chéri se lève habituellement une bonne demi-heure avant moi, j'ai donc droit tous les matins à un réveil tout en douceur, suivi d'une courte période satisfaisant ces critères d'inspiration. J'ai même déjà lu que certains artistes, dont des auteurs, profitent eux aussi de ces moments de semi-éveil pour y puiser des idées dont profitera leur créativité. 

Mais voilà, depuis le début de l'été, comme chaque été, ces douces périodes euphoriques sont interrompues par des éternuements, mon nez qui coule, mes yeux qui piquent, etc. Allergie saisonnière, quand tu nous tiens! Je dois alors me lever aussitôt éveillée, car ça devient impossible de rester couchée et de me rendormir alors que je mets à éternuer et à me moucher sans cesse. Dernièrement, je commence à peine à souffler, par le nez s'il vous plaît, c'est le retour à la normale, et je commence petit à petit à revivre ces folies inspirées de mon subconscient. C'est génial, et ça me manque tellement lorsque je ne les ai pas pour commencer ma journée que déjà, je me sens un peu plus sereine.

C'est fou hein? La plupart des gens tendent à se plaindre de cette période de l'année: moins d'ensoleillement, pluie fréquente, températures de plus en plus froides. Certains dépriment carrément. Mais moi, je jubile! Finies les allergies. D'ailleurs, j'aime bien la fraîcheur de l'air, on dort beaucoup mieux qu'en pleine chaleur. C'est le retour d'Hélène inspirée! 

Bon automne à tous.

samedi 30 juin 2012

Maudit NANO!


Aujourd'hui c'est la dernière journée pour se prévaloir de l'offre spéciale des gagnants du Nanowrimo de novembre passé, via CreateSpace. Ceux qui ont relevé le défi d'écrire 50 000 mots durant tout le mois de novembre passé remportaient 5 impressions gratuites de leur roman, pourvu que tout soit terminé avant le 30 juin 2012, date de tombée. Les années précédentes, c'était plutôt une seule copie, donc j'étais très heureuse cette fois d'obtenir des copies que je pourrais laisser à mes plus fidèles supporters. Je me suis aperçue cette année qu'en fait, l'an passé je n'avais que commandé l'épreuve gratuite, et je n'avais jamais été au bout du processus. Laissez-moi vous dire que la différence est minime! Mais quelle joie de recevoir une copie du livre sur lequel on a tant sué, avec notre bio et notre petite photo en quatrième de couverture, même si ça ne vient pas des éditeurs! Pour moi, ça me permet de visualiser ce que ce sera dans quelque temps, et surtout c'est plus agréable à lire pour mon entourage, pas toujours à l'aise avec le format électronique. 

Mais je me fais prendre chaque année. C'est gratuit avant le 30 juin, alors il faut que je termine pour cette date. Même si je peux obtenir une épreuve gratuite, même si le livre en question revient à environ 12-15$ US la pièce, frais de livraison compris, donc ça ne coûterait pas grand-chose de prendre quelques jours de plus pour terminer le travail. Et même si les 5 copies en question sont gratuites, mais pas la livraison, alors au final je paie environ la même chose que si j'avais acheté une copie envoyée à mon propre rythme. Mais non, je sais que si je dépasse ma date butoir, je risque de ne pas terminer, et ça me tient trop à coeur pour le risquer. Moi et les deadlines, nous avons une longue histoire d'amour ensemble.

C'est ainsi que tout le mois de mai, je terminais mon Tome I du Cercle d'Hélia, roman fantastique à saveur parapsychologique, et après l'envoi aux éditeurs je me suis jetée sur le Tome II durant tout le mois de juin, faute du nanowrimo. Alors depuis, vous devinerez que la pile de vaisselle sale augmente, les vêtements aussi, d'un côté, les propres, de l'autre, les sales, et les piles s’amoncellent si haut que sous peu, elles se joindront et là, ce ne ne sera pas jojo! C'est que mon complice dans la vie de tous les jours est un peu usé par toutes ces distractions qui me tiennent éloignées de mes responsabilités familiales, mes enfants aussi, mais au moins, aujourd'hui ça se termine- jusqu'à novembre prochain! Nous avons une entente, novembre et juin chaque année maintenant, Hélène n'est pas à la maison, et c'est la faute au maudit Nano! 

Prochain projet: Démarrer ma chronique du Sans papier de la Teluq, dont la date de tombée est à la mi-août, en plein durant mes vacances, puis possiblement une nouvelle, si j'ai le temps. Entre-temps bon été à tous. 


dimanche 3 juin 2012

En vrac

De belles rencontres
Jeudi passé se tenait le traditionnel souper des collaborateurs du Sans papier de la Teluq. Nous venons tous de terminer la saison (voir mon dernier billet de la saison ici). Je dois maintenant me creuser la cervelle pour l'an prochain, ça a été tout de même un petit marathon d'écrire cette nouvelle interactive mois après mois, demandant aux lecteurs de voter pour la suite. Ça me mettait encore plus à la dernière minute et à solliciter les opinions, mais j'ai vraiment beaucoup appris. Je ne sais pas si j'ai le goût de récidiver, mais on verra. 

Lors de ce souper j'ai eu le plaisir de revoir certaines personnes de ma connaissance, dont Aragonne que je salue au passage, et plusieurs autres. Beau groupe, discussions intéressantes et soirée enlevante sur des sujets variés, c'est toujours très stimulant. Sans parler du bon repas au resto le Petit extra sur Ontario, un classique pour notre petite troupe. 

J'ai fait la connaissance de nouvelles personnes que je n'avais pas eu la chance de côtoyer auparavant, l'un chroniqueur qui prend sa retraite cette année, l'autre musicologue et un autre encore critique de films. Nos sujets de chroniques sont aussi variés que nos personnalités, mais nous partageons tous ce besoin de raconter, d'informer ou de distraire. Une belle soirée donc qui m'a changé les idées et ouvert à autre chose que mon petit monde.

Des nouvelles encourageantes

Vendredi j'ai reçu une première enveloppe d'un éditeur. Je viens tout juste d'envoyer mon manuscrit, alors je l'ouvre, fébrile, le coeur battant la chamade. C'est un accusé de réception, m'assurant qu'on a soumis mon bouquin au comité de lecture. Ouf! J'ai eu peur qu'aussi rapidement, ce soit une lettre de rejet. C'est qu'on m'a fait très peur. Si j'en crois tout ce qu'on écrit sur le sujet des soumissions, nos manuscrits peuvent se retrouver rapidement à la corbeille si l'on n'a pas suivi les règles de base dans le formatage, si la lettre de présentation n'est pas impeccable, si elle n'est pas assez accrocheuse, etc. À cet effet j'ai suivi scrupuleusement les recommandations de Dominic Bellavance, ici. Source exceptionnelle d'information pertinente sur le sujet, il assure toutefois que la lettre de présentation peut nuire plus qu'elle peut aider. Je me suis donc croisé les doigts en envoyant une présentation, je m'en sentais l'obligation. Il me semble que ce n'est pas très poli, de ne pas se présenter, mais c'est peut-être juste moi. Et ça dépend bien sûr des maisons d'édition. Lorsqu'elles nous demandent précisément une présentation et un synopsis, il faut bien les accommoder. Déjà une étape de franchie donc, on me lira et j'espère qu'on appréciera. 

Actualités

Samedi matin je me lève sur ce titre de la cyberpresse: "La loi spéciale à calmé le jeu, estime Courchesne". Franchement quand tu es obtus... C'est comme si elle me disait: je me fous totalement du nombre de personnes qui descendent dans la rue, qui tapent de la casserole depuis l'adoption de la loi spéciale, il y a moins de violence. Eh, oh, c'est que les familles, c'est moins porté sur la violence peut-être, je ne sais pas, mais ce que je reçois comme message, c'est que tout ce qui la rejoint, c'est la violence. Mais qu'est-ce qu'il faudra pour qu'elle prenne cette crise au sérieux? Je m'inquiète beaucoup, à entendre des âneries pareilles. Du coup, je n'ai plus eu envie d'ouvrir internet ou les bulletins de nouvelles de tout le weekend, après ça. 
"Crions plus fort, pour que personne ne nous ignore"

mercredi 9 mai 2012

Overdose d'écriture

Ces derniers temps, il n'y en a que pour l'écriture. Écris, écris, révise, réécris, corrige, passe le tout à l'Antidote- l'antidote gèle tellement le texte est lourd et l'analyse que je lui demande, poussée.

J'y mets généralement 2-4 heures l'après-midi quand je peux, 1 heure ou plus de soir tandis que mes filles jouent à côté, et pour une fois j'arrive à me concentrer malgré le bruit, et enfin au minimum 3 heures en fin de soirée. C'est fou, vous dites? Mais il y a des conséquences: pile de vaisselle sale, alimentation qui se détériore de jour en jour (pourquoi pas un petit plat congelé ce soir, mes chéris?), vêtements qui s'empilent, dans le panier de linge sale, et dans le panier de linge à plier. Les autres tâches passent vraiment en dernier, mais j'en profite pendant que ça passe, parce qu'il y a d'autres moments où c'est moins intéressant, où je préfère encore la vaisselle...

Alors à bientôt, j'espère.

jeudi 19 avril 2012

Réflexions paisibles


J'ai reçu ce petit message par Facebook et j'ai cru bon de vérifier où j'en étais sur l'échelle de "Paix intérieure". Parce que ces jours-ci, me semble que j'ai la paix plutôt inaccessible... Mais voyons plutôt.

Voici les 12 symptômes de la paix intérieure:


1. Tendance à penser et à agir spontanément, guidé par son intuition personnelle plutôt que conditionné par les expériences et les peurs du passé.
Je me débrouille pas trop mal ici, enfin, j'espère.

2. Une grande capacité à apprécier chaque moment.
Définitivement. Surtout quand le moment présent inclut les enfants qui dorment à poings fermés. Grosse journée vraiment!

3. Un manque total d'intérêt pour juger les autres.
Check.

4. Un manque total d'intérêt pour se juger soi-même.
Oupelaye!

5. Un manque total d'intérêt pour interpréter les actions des autres.
Je serais franchement une bien piètre écrivaine si je répondais oui ici. Ça fait partie du défi. Mais tout n'est pas perdu.

6. Un manque total d'intérêt pour tout ce qui est conflictuel.
D'accord, mais ça dépend des jours. Et des conflits. Et de qui est impliqué. Aie!

7. Une perte totale de la capacité de se faire du souci.
Bof, on ne peut pas gagner à tout coup! Je me fais du souci pour ma paix intérieure.

8. Des épisodes fréquents et intenses d'appréciation de la vie en général et de soi-même en particulier.
Oui oui, c'est moi ça! Sauf avis contraire (voir points 4, 6 et 7).

9. Des sentiments très agréables d'unité avec les autres et avec la nature.
Oui bien sûr, avec la nature surtout: elle argumente moins que "les autres".

10. Des attaques répétées de sourire, de cette sorte de sourire qui vient du coeur et passe à travers les yeux.
Ah là je me reconnais!

11. Une tendance croissante à laisser les choses se produire plutôt qu'à essayer de les forcer à se produire.
Ce serait génial, (surtout pour la vaisselle). Mais j'ai toujours eu tendance à défendre le "aide-toi et le ciel t'aidera".

12. Une capacité de plus en plus grande à aimer les autres aussi bien que soi-même et une envie d'aimer de plus en plus forte.
100% vrai!

Verdict: Si vous présentez un ou plusieurs des symptômes mentionnés ci-dessus, sachez que votre état est probablement irréversible.

Dr Christian Tal Schaller

Il reste du travail à faire mais j'ai bon espoir qu'un jour, j'y arriverai! 

La paix intérieure soit avec vous. 

mercredi 21 mars 2012

70 solutions to writing mistakes (70 solutions aux erreurs d’écriture), par Bob Mayer


Récemment je me suis abonnée au journal numérique gratuit du Writer’s digest. Je cherche toujours un équivalent en français accessible, si vous avez des suggestions n’hésitez pas. Avec l’abonnement on obtient présentement une copie numérique du livre  « 70 solutions aux erreurs d’écriture » de Bob Mayer (traduction libre). J’ai donc rapidement parcouru le document en quête de réponses à ma sempiternelle question : mais que manque-t-il encore à mon roman?

J’avais déjà quelques idées sur la question, des lecteurs m’ont bien pistée, mais il reste que parfois je détecte un problème tout en ignorant comment l’aborder. Ce petit guide m’a inspirée en allumant quelques lanternes dans ma matière grise endormie. J’en rapporte ici quelques éléments. Notez que les interprétations des points représentent les miennes et non celles tirées textuellement du livre en anglais.

Première partie : les erreurs dans les gestes

1-Ne pas commencer. Ça semble évident, mais trop d’aspirants écrivains reportent indéfiniment leur projet pour toutes sortes de raisons, ils sont intimidés par l’ampleur de la tâche, attendent l’inspiration, l’apocalypse, qui sait! On comprend pourquoi ça constitue une erreur, et on sait bien qu’il faut s’y mettre sans attendre « le moment opportun » qui ne viendra jamais. Préparer son projet et l’écrire, tout simplement, sinon on restera un « wannabe » auteur avec un tas de regrets.  

2- Ne pas terminer. Lorsque le travail est presque achevé, c’est difficile d’arriver à la fin et surtout de résister à l’appel des corrections à n’en plus finir. Selon le test de personnalité Myers-Briggs, certaines personnes sont orientées sur les résultats, d’autres sur les processus. Si l’on fait s'identifie à cette deuxième catégorie (ce qui est mon cas, selon toute vraisemblance), une solution consiste à de ne pas entreprendre un autre projet avant d’avoir terminé le premier. Honnêtement, j’ai déjà essayé cette méthode et ça ne fonctionne pas pour moi. Il ne me reste qu’à me maîtriser et à cesser de changer des choses, ou d’examiner à la loupe les autres points sur la liste pour trouver ce qui manque à mon roman.

3-Abuser des groupes d’auteurs (ou des médias sociaux). En passant notre temps à discuter de notre projet, débattre de l’analyse de notre projet et à analyser en retour ceux des autres, on écrit moins. Alors, assurons-nous au moins de passer plus d'heures à écrire qu’à en discuter!

4-Oublier le lecteur. Certains novices écrivent davantage pour eux-mêmes que pour les lecteurs. C’est ben plate à dire, mais personne n’a envie de connaître notre vie, même déguisée en roman. Il existe des journaux personnels pour ça et aussi la thérapie! Nous détacher de l’histoire et des personnages aide à développer notre perspective.

5-Penser qu’on est l’exception à la règle. Il apparaît illusoire de croire en débutant dans le métier que l’on se situe au-dessus des règles. C’est bien d’être différent, de se démarquer, ce qui n’empêche pas que l’on doive apprendre les rouages du métier.

6-Ne pas briser les règles. En assimilant les rouages du métier, avec toutes ses conventions, on peut en venir à choisir sciemment de s'en affranchir, mais de façon justifiée, parce que ça sied au propos ou illustre quelque chose d’original- pas uniquement pour se montrer différent. Cela peut-être souhaitable lorsqu’on comprend d’abord les usages, et qu’on assume sa décision et ses conséquences.

7-Refuser d’apprendre. Trop d’aspirants auteurs s’inscrivent à des ateliers et des cours de création littéraire pour obtenir une validation sur leurs écrits et non pour se perfectionner. À la première critique ils se ferment. Pourtant, les auteurs à succès continuent d’apprendre à tous moments. Garder toujours un esprit ouvert aux nouvelles méthodes, informations et critiques.

8-Laisser son ego se déchaîner. Attention aux rêves de succès, car on risque d’être déçus! Le quotidien d’un écrivain se passe en solitaire dans 99% du temps, et laisse peu de place aux louanges, félicitations et soirées mondaines! 

9-Méconnaître la différence entre l’artisan et l’artiste. On croit parfois qu’on sera adulé dès nos débuts, sans avoir assimilé les bases de l’écriture. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, et pourtant en ce qui a trait à notre art, on imagine que n’importe qui peut y arriver du premier coup…étrange non? Écrire, encore écrire, toujours écrire pour perfectionner son art.

10- Attendre les bonnes dispositions pour s'y mettre. Ces bonnes dispositions, le bon moment, l’inspiration ne viendront peut-être jamais. Un professionnel écrit aussi régulièrement que possible, peu importe son humeur.

11-Ne pas gérer son horaire adéquatement. Si on ne trouve jamais de temps pour notre passion, ou pas suffisamment, c’est que d’autres priorités prennent le dessus sur l’écriture. Il n’y a pas de grand secret ici : faire de la place aux priorités, et s'il s'agit réellement d'une priorité, il faut lui accorder une attention à sa hauteur, ce qui implique de sacrifier des activités moins importantes.

12- Ignorer l’enseignement des grands maîtres. Pour bien saisir l’art, il ne suffit pas d’écrire, mais aussi de s’inspirer des œuvres des maîtres que l’on admire. Décortiquer leur travail et même leur vie, étudier en détail et même recopier des passages de leurs œuvres pour s’imprégner d’un style recherché nourrit l’aspirant auteur et enseigne mieux qu’une lecture sur le sujet.

Voilà pour la première partie : les gestes. Sous peu la deuxième partie : L’idée. J’espère que ces notes vous seront utiles, qui sait (voir point 7 : Refuser d’apprendre!). Et bonne écriture!
Pour en savoir plus sur cette publication, vous pouvez communiquer avec moi à : lnase@hotmail.com

mercredi 15 février 2012

Gagner son pain


Nous avons eu une bonne nouvelle la semaine passée: ma belle-mère va enfin avoir un "package" de départ de son travail après de trop nombreuses années de bons et loyaux services. Ça faisait déjà des années qu'elle en parlait, qu'elle n'en pouvait plus de rentrer au travail jour après jour, à des heures parfois impossibles, et d'abattre du travail qui n'était souvent pas le sien et qu'elle se devait bien d'effectuer, étant la seule autour à être qualifiée pour le faire. Pour vous donner une petite idée, elle travaille dans une succursale bancaire ouverte les dimanches...

C'est fou ce qu'on demande aux employés de nos jours. Je la trouve courageuse, comme tous les autres qui réussissent à se lever le matin pour se rendre à un boulot qu'ils détestent, côtoyer des collègues plus antipathiques qu'autrement, pour rentrer le soir crevé en ne pensant qu'au weekend ou un gentil passe-temps tranquille les fera oublier leur mauvaise semaine. Et on remet ça avec le blues du dimanche soir. 

Je me rappelle déjà qu'étant petite, je voyais mes parents partir au travail tous les jours et je me demandais déjà comment ils y arrivaient. Le 9 à 5 n'a jamais été pour moi, il faut croire. Et pourtant j'ai bien essayé, mais je ne comprends juste pas! Durant des années j'ai moi aussi contribué aux statistiques des travailleurs à temps plein pour un travail que j'aimais beaucoup au départ, mais qui m'a énormément déçue au final. Pas le travail enfin, le reste: la direction, leurs choix et l'orientation qu'ils donnaient à la compagnie, etc. Puis je me suis retrouvée sans emploi à la fin de mon congé parental, parce que mon employeur américain venait d'allumer "Ah oui, elle était sensée revenir? Mais on n'a plus besoin d'elle voyons, ça fait un an qu'elle est partie. " Bref, j'ai cherché du boulot dans ma branche à la vitesse grand V, j'ai trouvé quelque chose de plus ou moins convenable, je me suis lancée à mon compte comme travailleuse autonome pour ensuite redevenir enceinte. Ça a un peu cassé mon élan, mais déjà je savais que c'était ça, la vie: se lever à l'heure que tu veux, rester en pyjama si ça te chante, communiquer avec tes contacts par courriels et téléphone, organiser tes journées comme bon te semble. Il y a des bas, bien sûr. J'ignore ce que j'aurais fait sans le support de mon conjoint, et un jour j'ai dû reprendre un travail régulier qui me permettait de mettre du pain sur la table, mais là j'ai choisi, pas le poste, non ça m'importe moins maintenant. J'ai choisi un employeur qui me permettrait d'avoir un horaire flexible si j'en avais besoin, de prendre une journée de congé lorsque mes enfants seraient malades, ou encore de les emmener pour quelques heures, comme j'ai fait ce matin. C'est aussi un employeur que j'aime bien, en accord avec mes valeurs et philosophie de vie, avec des collègues et clients qui me respectent et que j'aime beaucoup. Je fais peut-être une fraction de mon salaire d'antan, mais je suis drôlement plus heureuse. Et je suis pleinement consciente de ma chance et que ce n'est pas donné à tous le monde.

Là-dessus, je plains toujours ma belle-mère. Durant toutes ses années à se dévouer pour une banque très conformiste, ironiquement elle n'aura pas réussi à se mettre de côté beaucoup d'argent, si frustrée par son quotidien qu'elle compensait en magasinant, en dépensant tout ce qu'elle avait en babioles, en une foule de cours d'artisanat qu'elle adore, tout cela pour trouver la joie dans sa vie, une lueur de bonheur. Elle prendra sa retraite avec plusieurs années d'avance ce qui la pénalisera sur sa pension, mais elle n'en pouvait vraiment plus. Alors aujourd'hui elle est heureuse des changements qui s'annoncent, mais je ne peux m'empêcher de penser que si elle avait pu trouver un travail qui l'avait amusée et passionnée, elle aurait pu y trouver une vie meilleure et la poursuivre encore bien des années . 

"Choisis un travail que tu aimes, et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie."- Conficius -